Après des années de bataille juridique et la démission totale de la médecine, le comédien Arnaud Denis a eu recours à l’euthanasie ce mardi 22 septembre en Belgique. Interrogé par Paris Match, son avocat nous a fait le récit de ses derniers jours.
Nous en parlions en début d’année en faisant le récit de sa descente aux enfers. Arnaud Denis, comédien de théâtre nommé trois fois aux Molières, a eu recours à l’euthanasie ce mardi 22 septembre à Namur, en Belgique. Trois jours avant sa mort, sur son compte Instagram, il avait partagé l’échec de son dernier recours devant la justice : « Plainte classée sans suite. Pas de justice pour les victimes de prothèses de hernie. » Cette ultime plainte, déposée le 5 janvier 2026 au parquet de Paris avec l’aide de son avocat, mettait le doigt sur des années de souffrance endurées à la suite de la pose d’une prothèse dans le cadre d’une cure de hernie inguinale le 17 juillet 2023. Interrogé sur cette affaire, Maître Philippe Courtois, nous a confié le déroulé des derniers jours de son client.
Bouleversé par cette affaire qu’il qualifie comme « la plus difficile de sa carrière », l’avocat à la Cour de Bordeaux nous a révélé que leurs derniers échanges remontaient à samedi dernier : « La veille, nous avions reçu le classement sans suite de sa plainte. Nous en avons beaucoup discuté. Puis est venu le sujet de son départ pour Namur. Il m’a demandé de tout faire pour qu’on ne juge pas sa décision, que l’on respecte sa mémoire et l’intimité de sa famille. » Depuis cette fameuse opération réalisée trois ans plus tôt, Arnaud Denis avait vu les symptômes se multiplier : « Dans la première semaine, j’avais le testicule qui était devenu tout noir, j’avais des maux de ventre épouvantables, j’ai eu du sang dans les selles, du sang dans les urines, j’ai commencé à faire des malaises, à devenir blafard, j’ai eu des maux de tête, j’ai eu des acouphènes, j’ai commencé à avoir une vision floue. Je ne pouvais pas rester assis, je devais être soit allongé soit debout. Je sentais un truc qui me tirait sur les viscères en permanence. C’est une horreur, j’ai perdu 17 kg en trois mois. »
Une vie ébranlée
Ces douleurs atroces n’ont pas faibli avec le temps, Maître Philippe Courtois en a été le premier témoin : « Il ne pouvait plus marcher, il avait perdu énormément de poids, il ne pouvait plus s’alimenter. C’était très difficile pour lui. Et le pire c’est qu’il était conscient de ça, il se sentait enfermé dans son corps. Bien évidemment que toute vie mérite d’être vécue, mais lorsque les douleurs sont tellement intenses, qu’il n’y a pas de traitement et que la médecine est absente… Si son corps l’avait abandonné, sa tête non. Ses capacités intellectuelles étaient intactes. Il a eu beaucoup de courage de se dévoiler ainsi dans les médias pour mettre en lumière cette affaire. » Comédien voué à un bel avenir sur les planches, Arnaud Denis a malheureusement dû se rendre à l’évidence : « C’était un drame pour quelqu’un qui vit et qui respire théâtre, a poursuivi son avocat. Il l’a très mal vécu. »
Arnaud Denis est ainsi décédé de sa propre volonté le 22 septembre dernier, après l’avis positif de trois médecins à Namur : « Il a eu un courage exemplaire et tout le monde a été profondément ému. Même en le sachant, le jour même c’était dur. Jusqu’à ses derniers instants, il était entouré de sa famille et ses proches amis. Ça a permis à tout le monde d’être préparé à pouvoir lui dire une dernière fois tous ses sentiments. »
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